Electronique : l’élimination du plomb c’est pour demain ! Etes-vous prêt ?
   
Organisé par le Pôle de Compétences en Analyse Non Destructive, la CCI de Grenoble, l’ARATEM et l’Agence Rhône-Alpes pour la Maîtrise des Matériaux, le symposium “ brasage sans plomb : contraintes et contrôles non destructifs ” qui s’est déroulé les 17 et 18 Avril 2002 à Grenoble a permis de faire le point sur la réglementation et les avancées technologiques dans l’élimination du plomb dans l’électronique ainsi que sur les méthodes de contrôle non destructif.


Le plomb, considéré comme un élément toxique, a déjà été éliminé d’un certain nombre d’applications telles que l’essence ou les canalisations d’eau potable. C’est désormais l’électronique qui est concernée. L’interdiction du plomb va induire des changements importants dans les procédés qui vont demander de gros efforts à tous les acteurs de la profession.
Certaines entreprises sont bien préparées et des brasures de substitution sont déjà commercialisées. Il convient, dans la mesure du possible, de mettre en commun les stratégies envisagées pour l’élimination du plomb afin d’éviter les pertes de temps et d’aboutir à une certaine standardisation et une compatibilité entre des procédés et matériaux utilisés par les différents acteurs.


Un point sur la réglementation


Au niveau réglementaire, la commission européenne a proposée en juin 2000 deux directives. La première concerne les déchets des équipements électriques et électroniques, la deuxième porte sur la réduction des substances dangereuses. Cette dernière prévoit le bannissement du plomb, du mercure, du cadmium, du chrome hexavalent et de certains composés bromés utilisés comme retardateurs de flamme. Elle concerne les secteurs suivants : petit et gros électroménager, télécommunication, informatique/équipement audio/video, matériel d’éclairage, jouets et outillage, distributeurs automatiques.

Les secteurs de l’aéronautique, de l’automobile, du médical et les matériels de contrôle ne sont à ce jour pas concernés. Il existe également une liste d’applications spécifiques pour lesquelles les substances visées sont autorisées. Le Parlement Européen a procédé à la deuxième lecture de ces directives le 10 avril dernier. Celles-ci ont été adoptées et ne peuvent plus être révisées. Le Conseil des Ministres doit désormais proposer une position commune en juin 2002. L’adoption effective de ces directives aura lieu au plus tard à la fin de l’année 2002.

A ce jour, la date la plus probable d’entrée en vigueur de l’interdiction du plomb dans l’électronique est le 1er Janvier 2006. Les industriels prévoient que l’année 2003 sera une période transitoire d’adaptation et que l’entrée du sans-plomb dans la production pourrait se faire dès 2004 : il est donc urgent de se préparer à cette évolution.

Au Japon, il n’existe pas de réglementation directe concernant l’usage du plomb dans l’électronique qui est plutôt traité au niveau du recyclage, mais certaines sociétés s’orientent volontairement vers des solutions sans plomb (par exemple : Matsushita). Un travail important est également réalisé sur la standardisation des alliages et des finitions. Aux USA, il n’y a pas de bannissement du plomb mais on observe une augmentation des contrôles. Les seuils de tolérance sont également moins élevés pour les utilisateurs et on observe, d’autre part, une prise d’initiatives volontaires par les industriels pour éliminer le plomb. Dans certains états, les lois sur les déchets sont également renforcées.


L‘élimination du plomb : conséquences sur les composants électroniques

Le passage au sans plomb dans l’électronique implique le remplacement d’un métal courant et bon marché par des alliages incluant des métaux tels que l’étain et l’argent. Outre les conséquences économiques liées au seul surcoût de ces métaux, ce changement implique l’adaptation des procédés de brasage et des méthodes de contrôles non destructifs. L’élimination du plomb dans les alliages nécessite, en effet, de travailler à température plus élevée. Cette augmentation de température engendre un certain nombre de contraintes au niveau de la fiabilité des composants et du choix des matériaux support.

La définition de la notion de sans plomb, l’élévation des température de process et le choix des alliages les plus performants posent différents problèmes aux fournisseurs de composants électroniques. La majorité des composants ont des terminaisons protégées par des alliages, entre autres, au plomb. L’analyse chimique des composants montre que les BGA sont les plus riches en plomb (teneurs de 3 à 8 % en poids). Face à l’absence d’une définition précise de la notion de sans plomb, trois fournisseurs européens de composants, STMicroélectronics, Philips et Infineon ont proposé une définition commune en juillet 2001. Cette dernière est basée sur une teneur en plomb maximum de 1000 ppm dans les composants.

Avec l’utilisation de brasures sans plomb, les températures de procédé approchent 260°C. Or, avec l’alliage étain/plomb, les composants et les substrats étaient prévus pour résister à des températures maximales de 240 °C. Au-delà de cette limite, les condensateurs électrolytiques, les relais, les bobines, les plastiques encapsulant les composants, les interfaces et les substrats, sont affectés thermiquement. Pour éviter des dommages irréversibles, il est nécessaire de maîtriser très précisément la température de procédé et d’utiliser de nouveaux matériaux ayant une plus grande résistance thermique. Le JEDEC travaille actuellement sur une norme (J-STD020) intégrant les critères pour la brasure sans plomb des composants.

Il existe actuellement des BGA avec des billes sans plomb composées d’alliage SnAgCu qui ne posent pas de problème de montage.
Pour le revêtement des connexions, plusieurs alliages peuvent être utilisés : nickel-palladium-or, étain-argent, étain-bismuth, étain-cuivre, étain pur. L’étain pur semble être la solution préférée par beaucoup d’industriels.

Les revêtements sont faciles à mettre en œuvre et présentent une bonne soudabilité. Le problème majeur rencontré avec ce matériau est la formation de filaments monocristallins (Whiskers) pouvant causer des courts-circuits.

Il semble cependant peu probable que l’alliage étain-plomb soit remplacé par un seul standard.
Les fournisseurs de composants électroniques risquent également de rencontrer des problèmes de compatibilité des alliages sans plomb avec les alliages avec plomb lors de la période de transition durant laquelleles deux cohabiteront.


Un procédé pour le sans plomb : la vapocondensation

Les alliages sans plomb possèdent des points de fusion plus élevés ce qui nécessite d’utiliser des températures plus importantes pour le brasage. Il devient donc primordial de contrôler précisément la température afin de ne pas générer de surchauffe des alliages, des composants et des supports. Le profil de température de l’assemblage doit être parfaitement maîtrisé. Les technologies de chauffage par infrarouge ou par convection imposent souvent une température supérieure de 35 à 50 °C par rapport à la température de fusion de la brasure. Le procédé utilisé avec des alliages sans plomb doit permettre de garantir la cinétique de montée en température et le contrôle de cette dernière in situ.

La vapocondensation permet cela. Ce processus physique repose sur le cycle vaporisation/condensation d’un fluide caloporteur comme moyen de transfert thermique. En se condensant sur la carte électronique, la vapeur va lui céder ses calories et la chauffer. Le four est à une température constante et homogène, dictée par le fluide caloporteur utilisé. En choisissant judicieusement ce fluide, ce procédé permet d’obtenir des températures homogènes dans une plage de 50 à 250 °C. Par exemple, en cédant son énergie au substrat, un fluide caloporteur ayant une température d’ébullition de 250 °C va chauffer uniformément le substrat à 240 °C, à pression constante.

La vapocondensation est un procédé polyvalent qui permet d’éviter la dégradation des circuits imprimés par surchauffe de ces derniers.
Contacts : AET - M. Cornu - 04.76.90.41.18 et ECM - M. Jumeau : 04.76.49.65.60



L’analyse non destructive

L’élimination du plomb engendre de nombreuses conséquences sur les assemblages électroniques, tant en termes de procédés et de maintien en température, que de propriétés mécaniques et microstructurales du joint brasé. C’est pourquoi, il est important de pouvoir évaluer la fiabilité de ces assemblages par des techniques d’analyse non destructive. La deuxième journée du symposium s’est donc proposée de faire le point sur les dernières évolutions technologiques en termes de caractérisation.

Elle a permis notamment la présentation des contrôles par rayons X et par ultrasons et de la tomographie en microscopie acoustique. Ces différentes techniques d’analyse permettent, entre autres, de contrôler les BGA, d’identifier des défauts éventuels sur les composants et de détecter la délamination des assemblages brasés. Enfin, les moyens de mesure des paramètres critiques d’endommagement ont été avancés à partir d’un exemple d’analyse mécanochimique des billes des BGA sous contraintes thermomécaniques.

Un CD ROM contenant les différentes présentations du symposium est disponible à l’Agence Rhône-Alpes pour la Maîtrise des Matériaux (www.agmat.asso.fr)
Contact : Marie Lerbs : 04.79.25.36.01 marie.lerbs@agmat.asso.fr


Document de synthèse

A l’occasion du Symposium, l’Agence Rhône-Alpes pour la Maîtrise des Matériaux a remis à jour le document de synthèse qu’elle avait édité en 1996 intitulé “ brasure sans plomb pour l’électronique ”.

Cette synthèse passe en revue les alliages de substitution du plomb en rappelant pour chacun leurs avantages et leurs limites. Sont également présentées les diverses conséquences engendrées par les nouvelles brasures sur les procédés, les composants et la fiabilité des assemblages. Les finitions des substrats et des composants, les perspectives à venir ainsi que quelques conseils et adresses pour le passage au “ sans plomb ” complètent ce document.

Cette synthèse est disponible gratuitement pour les adhérents de l’Agence Rhône-Alpes pour la Maîtrise des Matériaux et les participants au Symposium.
Contact : Marie Lerbs : 04.79.25.36.01 marie.lerbs@agmat.asso.fr


Pôle de Compétences en Analyse Non Destructive de Grenoble

Le Pôle de Compétences en Analyse Non Destructive de Grenoble regroupe un ensemble d’actions spécialisées provenant aussi bien de l’enseignement (Université de Grenoble), de la recherche (CNRS), de petites entreprises (Insidix, AET, Metronelec), d’associations et agences (ARATEM, Agence Rhône-Alpes pour la Maîtrise des Matériaux, JESSICA, CCI de Grenoble), que de grandes sociétés (ST, HP, Schneider Electric, SANMINA-SCI...) qui se sont regroupées afin de valoriser leur savoir.

Les compétences gravitent autour de l’électronique/micro-électronique, des techniques d’analyses non destructives, de la normalisation ainsi que de la définition, le développement, la réalisation et l’installation de nouvelles techniques et outils de production ou d’analyse.

Le Pôle s’est donné pour règle de développer les compétences mutuelles de ses membres, tout en essayant de mettre ses compétences au service des autres, en particulier des PME/PMI.

Les réunions régulières ou les symposiums organisés comme celui des 17 et 18 avril 2002 autour de l’élimination du plomb de l’électronique, sont des exemples de cette volonté de transfert d’informations et de compétences.
Grenoblois, de par sa composition, le Pôle n’entend pas se limiter à sa région d’origine mais participe déjà à des actions moins locales ( région Rhône-Alpes, France ou International ).
Contact : André Clément - andre.clement@st.com -
www.sansplomb.org





Des sites Internet sur le sans plomb :
USA : www.nemi.org et www.leadfree.org
UK : www.lead-free.org et www.pb-free.com
Japon : www.jeida.jp


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