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La
lutte contre les bactéries dans les aliments et dans l'eau
Les
MRC microbiologiques garantissent la précision des mesures
Pour protéger efficacement la santé des consommateurs européens,
la teneur bactérienne de l'eau et des aliments doit être
mesurée avec exactitude. Après de longues années
d'effort, on est parvenu à mettre au point des méthodes
normalisées qui garantissent la précision et la comparabilité
des résultats. Les organismes vivants sont difficiles à
mesurer parce qu'ils se reproduisent et meurent. Des travaux visant à
améliorer le dosage des micro-organismes sont réalisés
depuis plus d'une décennie dans le cadre du programme "Normes,
mesures et essais".
On a tous entendu parler d'aliments contaminés par des bactéries
comme la listeria, la salmonelle ou E. coli. Ces incidents entraînent
de graves problèmes sanitaires. Il n'est pas rare que des quantités
importantes de denrées alimentaires soient retirées de la
vente et détruites. La teneur en bactéries des aliments
et de l'eau est strictement réglementée. L'industrie de
l'eau procède à des contrôles réguliers pour
s'assurer que les eaux produites sont propres à la consommation.
Cette préoccupation croissante a conduit ces dix dernières
années à renforcer les contrôles de qualité
des tests microbiologiques. De nombreuses méthodes de test et d'analyse
sont devenues des normes nationales ou internationales. L'ISO décrit
par exemple plusieurs méthodes pour mesurer les bactéries.
L'emploi d'une méthode normalisée ne garantit cependant
pas l'exactitude ni la comparabilité des résultats.
Les mesures précises protègent
la santé et favorisent les échanges
Avec le marché unique, les denrées alimentaires circulent
beaucoup plus librement qu'auparavant entre les différents pays
d'Europe. La comparabilité des mesures entre les laboratoires de
pays différents peut permettre de réduire le nombre de litiges
commerciaux. Il faut pour cela que les organismes chargés des contrôles
et les professionnels de l'agro-alimentaire soumettent leurs mesures à
des contrôles internes stricts afin de s'assurer que leurs résultats
sont transmissibles et comparables. Les compagnies des eaux sont ainsi
davantage responsables en cas de contamination.
Les matériaux de référence ont pour objet de vérifier
la fiabilité des données fournies par les laboratoires.
Ils complètent les procédures normalisées et servent
à étalonner les méthodes de mesure. Les procédures
normalisées sont parfois difficiles à mettre en pratique
avec toute la précision voulue. Cela tient au fait qu'elles sont
conçues pour une souche particulière de bactéries,
de sorte qu'il faut les adapter lorsqu'une souche différente est
examinée. Les matériaux de référence sont
très utiles dans ces cas.
Il est extrêmement difficile pour un laboratoire de préparer
des matériaux de référence aux teneurs déterminées.
Outre que cette opération prend du temps, il n'est pas facile de
stabiliser des matériaux vivants qui continuent de se multiplier
et de mourir si les échantillons ne sont pas préparés
à la perfection. Il est par ailleurs quasiment impossible de mesurer
des taux de contamination avec une relative fiabilité sans l'aide
d'autres laboratoires.
La nécessité des matériaux de référence
confirmée par les études de marché
Le programme "Normes, mesures et essais" est engagé depuis
longtemps dans la production de matériaux de référence
pour les essais microbiologiques. Le laboratoire de microbiologie des
eaux et des denrées alimentaires de Bilthoven, aux Pays-Bas, a
commencé dès 1986 à développer et à
tester des matériaux de référence de ce type avec
l'aide du programme BCR (Bureau communautaire de référence).
Ce laboratoire a ainsi coordonné trois projets de création
de matériaux de référence. Deux autres partenaires,
BMT et SVM, également installés aux Pays-Bas, ont été
étroitement associés à ces travaux. Le premier a
effectué de nombreuses études de marché afin d'évaluer
les besoins pour ces matériaux de référence. Le deuxième
a participé à la production des matériaux de référence.
Les matériaux consistent en capsules de gélatine remplies
d'un échantillon - de la poudre de lait par exemple - artificiellement
contaminé avec un certain type de bactérie. Six matériaux
de référence microbiologiques certifiés sont aujourd'hui
sur le marché. Ils sont achetés par des laboratoires travaillant
pour l'industrie de l'eau et l'agro-alimentaire ou dans le domaine des
contrôles réglementaires.
L'instabilité des organismes vivants s'est longtemps opposée
à la fabrication de matériaux de référence
destinés aux tests microbiologiques. Lors de la fabrication du
matériau de référence, le micro-organisme est cultivé
à des concentrations élevées puis mélangé
à du lait en poudre ayant subi un traitement d'atomisation. La
poudre de lait hautement contaminée est stockée à
-20°C et mélangée à de la poudre de lait stérilisée
jusqu'à ce que le taux de contamination souhaité soit atteint.
Elle est alors mise en capsules.
Les problèmes posés par
les bactéries endommagées et les méthodes de mélange
approximatives
Les scientifiques se sont heurtés à toute une série
de difficultés lors de la fabrication d'échantillons stables
et homogènes. La première a consisté à choisir
des souches robustes car le séchage par atomisation peut tuer ou
gravement endommager les bactéries. Il leur a fallu également
résoudre le problème de la disparité des taux de
contamination d'une capsule à l'autre et améliorer le mélange
de la poudre de lait. La question de la stabilité a été
résolue en stockant les échantillons à basse température.
Une fois les matériaux préparés, les laboratoires
travaillant en commun sur le projet ont effectué des mesures pour
déterminer le taux de contamination exact - et certifié
- avec une faible marge d'incertitude. Cette opération a demandé
la participation de vingt-quatre laboratoires spécialisés
dans les tests sur l'eau et les aliments. Ces laboratoires ont travaillé
ensemble pour vérifier l'exactitude et la précision de leurs
méthodes de mesure. De nombreuses discussions furent organisées
pour cerner les problèmes et prévenir les erreurs. Une série
d'études impliquant trente-sept laboratoires européens avaient
précédé ces dernières opérations de
certification. Les participants ont eu la chance rare de pouvoir confronter
la précision de leurs méthodes.
Abondance de bienfaits...
Les matériaux de référence certifiés sont
aujourd'hui utilisés dans toute l'Europe par les laboratoires d'essais.
Les études de marché montrent qu'il en faudrait davantage
encore. Les MRC font partie intégrante des principes d'assurance
de la qualité que les laboratoires doivent respecter pour pouvoir
être accrédités. L'emploi des MRC pour vérifier
les méthodes de mesure recèle de nombreux avantages. Ils
permettent aux analystes des pays membres de la Communauté d'oeuvrer
ensemble à l'amélioration de la qualité et d'empêcher
ainsi que des aliments ou de l'eau contaminée ne parvienne jusqu'au
consommateur.
Article
issu du programme européen : Normes,
mesures et essais
http://europa.eu.int/comm/research/success/fr/success_fr.html
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