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Mythes et réalités du supply chain Management : état des lieux

Quels ont été jusqu’à présent les apports concrets pour les entreprises ? Assistons-nous à un recentrage des progiciels pour le Supply Chain Management (SCM)? L’heure semble être à la recherche de l’équilibre entre les hommes, les processus et les progiciels.

 
Quel est le panorama de l’offre aujourd’hui ?

Comme la méthode de gestion MRP-2 en son temps, le Supply Chain Management offre aux entreprises, un cadre structuré pour leur croissance et leur pérennisation. Face à la mondialisation, à la concentration industrielle, et à la concurrence accrue pour les matières premières, on peut dire que le SCM est le service client au 21e siècle. Le Directeur Logistique de British Petroleum s’exprimait à ce sujet : « la concurrence de demain ne sera pas entre deux entreprises, mais entre deux chaînes logistiques. »

Le Supply Chain Management, ou gestion intégrée de chaîne logistique, est une série d’interfaces reliant les grandes fonctions de l’entreprise et de ses partenaires, focalisé sur le service client.
Les grands flux physiques du SCM sont: la logistique de développement, la logistique industrielle, la logistique de distribution, avec le flux des informations ou logistique commerciale. Qui dit «système d’information» ne veut pas forcément dire «progiciel». Au contraire, l’évolution de l’offre des progiciels est marquée, comme toute chaîne logistique d’ailleurs, par des phases d’intégration et de désintégration.

Voici 20 ans, chaque domaine fonctionnel avait son meilleur progiciel. Les utilisateurs reconnaissaient un progiciel comme étant «le plus performant», traduit en anglais par «best-of-breed». Les entreprises avaient un progiciel pour la paie, un autre pour la gestion commerciale, un autre pour la gestion de production, et ainsi de suite. Il y a 10 ans, arrivaient les progiciels intégrés, les ERP, pour « Enterprise Resource Planning ». Par définition, un ERP couvrait au moins trois domaines : la finance, le commercial, et la production. Ces domaines étaient couverts dans le passé, par des progiciels différents «les plus performants». Aujourd’hui, sont arrivés les APS, «Advanced Planning Systems», qui sont censés être des «turbo-ERP» pour gérer et optimiser des chaînes logistiques étendues. Le terme APS n’indique pas un type de progiciel, mais toute une gamme. Elle inclut quatre grandes classifications : replanification rapide, chargement à capacité finie, planification sous contrainte, et algorithmes mathématiques génériques. Ces classifications sont listées d’ailleurs par ordre décroissant d’utilité aux entreprises, d’après les expériences. La trame commune dans les fonctions utiles des APS, est la communication ou visibilité dans la chaîne logistique. Puisque les supply chains sont déployées typiquement sur une grande étendue géographique, il devient essentiel d’assurer une communication rapide parmi les entreprises-maillons dans différents pays et continents. « Communication » veut dire non seulement messageries et transmission de fichiers, mais aussi échanges d’objectifs et de mesures de performance, visio-conférences, et conception partagée sur plusieurs sites. Ce dernier comprend l’utilisation des mêmes bases de données, et l’échange de plans, calculs, images et gros volumes de données numériques. Tout ce qui est dans la Logistique de Développement, le « frère oublié » du Supply Chain Management. Ainsi on voit la nécessité d’établir un équilibre parmi les hommes, les processus, et les outils informatiques. L’une des raisons principales de l'échec initial des ERP, est l’absence d’analyse de processus et de formation fonctionnelle aux personnes, avant de démarrer. Au lieu de cela, les entreprises se sont «adaptées au progiciel» », qui est «structurant», et qui contient « beaucoup de possibilités ». Autant de recettes qui peuvent conduire au désastre, faute d’avoir su définir et imposer son processus pour servir le client sur le choix et la mise en œuvre de l’outil informatique.

Les ERP n’ont pas péché par simplicité non plus, et les APS les ont suivi « gaiement ». La forte médiatisation donne l’impression que les ERP sont de grands succès, et que les APS les remplaceront inéluctablement, dans une inévitable marche technologique vers l’avant. La réalité est beaucoup plus mitigée. Les gros systèmes ERP de toutes marques ont connu des échecs importants et publics. Qui peut oublier le débâcle de HERSHEY’s, premier chocolatier américain, qui lors du démarrage de son ERP, a perdu la maîtrise de ses stocks et de ce fait a raté la grande saison de Halloween ? Son service client a chuté de 12%, et avec lui sa valeur en bourse de - 19%. Les APS s’avèrent très difficiles à mettre en place, sauf pour la replanification rapide et un module de planification à capacité finie à court terme. Cette fonction remplace les plannings muraux pour planifier l’occupation de lignes de conditionnement dans certaines entreprises pharmaceutiques. Une entreprise dans l’électronique, ayant démarré un APS, recule devant sa logique d’optimisation, trop difficile à faire utiliser par les responsables réels. Au lieu de cela, quand un problème apparaît, il est signalé aux responsables qui eux doivent trouver la solution sans excès de calculs informatiques semi-opaques. Une saine démarche !

Si les ERP sont ébranlés aujourd’hui par un retour vers l’approche la plus performante, ils occupent toujours le haut du pavé. Demain, on risque de voir le remplacement d’un certain nombre de fonctions ERP, celles où l’éditeur n’a pas démontré de performances optimales, par un progiciel spécifique plus performant dans ces fonctions. Le point d’équilibre est, comme toujours, entre l’avantage des performances supérieures d’un progiciel spécifique, et les interfaces requises pour le faire fonctionner avec le reste. Ces nouveaux progiciels, au lieu d’être un simple retour vers le passé, pourraient très bien être les modules de replanification rapide des APS. Installés sur des serveurs en cyberspace, ils seraient maintenus par le fournisseur et disponibles par un simple "clic de souris". Vraisemblablement, l’entreprise ne connaîtra même pas le nom du (des) progiciel(s) qu’elle utilise, de même qu'aujourd’hui l’on ne connaît plus la marque des ordinateurs sur lesquels tournent nos programmes. Tout ce qui restera de l’ERP sera la base de données intégrée, et les quelques applications qui ressortent de son expertise particulière. L’avantage pour l’entreprise dans cette évolution est une baisse significative du coût de son informatique, du moins pour les applications standards, telles que paie, ressources humaines, gestion de production, gestion de distribution, etc. Le challenge pour les responsables à tous niveaux est de connaître à fond son «business» afin de définir les processus capables de servir le client à moindre coût.

Bill BELT, Expert international en gestion industrielle
Président de Bill Belt Excellence

 

Retrouvez cette Conférence sur le salon PROGICIELS le mercredi 3 octobre à 18 h 00, organisé par Thesame


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