Paillard Plastiques veut faire d’une poignée d’arc un triomphe
   
Roland Paillard a mis au point une poignée d’arc en matériaux composites injectés. Il en a même fait sa cible.

Installée à Simandre-sur-Suran (Ain), Paillard Plastiques, créée en 1977, fabrique des piquets et des appareils de clôture électrique, des conteneurs pour l’horticulture, des pots pour les pépiniéristes. En sous-traitance, elle réalise des présentoirs inviolables pour divers articles textiles et de maroquinerie vendus en grande distribution, des supports de communication, etc. Et, accessoirement, elle produit des articles de sport et de loisirs comme les frisbees et les boomerangs.

Mais ce n’est pas parce qu’il a pris, malencontreusement, le retour de l’un de ses engins sur la tête que Roland Paillard a eu l’idée de créer une poignée d’arc en matériaux composites injectés.
Tout démarre fortuitement, par une rencontre avec un distributeur d’arcs qui commercialise des matériels dont les poignées sont en bois, métal, aluminium ou zamak. L’idée pointe d’utiliser les matières plastiques. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. La pièce doit posséder des caractères de rigidité, rectitude, résistance mécanique, de capacité d’amortissement sans oublier, naturellement, l’esthétique. Et il n’existe pas de logiciel spécifique de conception assistée par ordinateur. Alors, en simplifiant, en faisant des extrapolations, Roland Paillard va, progressivement, construire un prototype. Et comme sa petite entreprise ne possède que peu de ressources technologiques, elle va s’appuyer sur le partenariat de plusieurs bureaux et sociétés (le cabinet mâconnais MP2I, le mouliste Deplanches à Treffort, etc.), pour l’étude de marché, l’étude de faisabilité, le design, l’étude de résistance des matériaux, la fabrication des outillages. Tout cela prend forme dans le cadre d’un projet Pic PME qui bénéficie de fonds européens (l’entreprise aura 600 000 francs de subventions sur un coût de programme de 1 million de francs), avec l’aide de la Chambre des métiers de l’Ain et de la Région. Présence Rhône-Alpes a suivi l’entreprise sur le dépôt du brevet, l’étude de faisabilité et la veille technologique. “En clair, explique Roland Paillard, le programme permet de décliner des aides communautaires à des entreprises artisanales.”

Après quatre ans d’études, de recherches et de réunions régulières entre tous ces partenaires, “ce dont nous, petite entreprise artisanale de 10 personnes, nous n’avions pas l’habitude, mais qui est enrichissant”, la poignée d’arc s’apprête à entrer dans le processus d’industrialisation. Bien que sa pièce offre des caractéristiques qui pourraient lui permettre de prétendre, à terme, aux produits de compétition, Roland Paillard a résolument ciblé le marché de l’arc d’initiation en offrant, à prix très concurrentiel, un produit de grande qualité dont le brevet a été déposé, y compris aux USA où l’on s’intéresse fort à ce type de pièce innovante.

C’est la société antiboise Las qui va se charger d’assembler les pièces et de commercialiser les arcs. Paillard, qui devrait dépasser les 9 millions de francs de chiffre d’affaires en 2001, a signé un contrat de 10 000 arcs avec son distributeur. De son côté, le groupe Décathlon, qui vend 25 000 arcs par an, est intéressé par l’élaboration d’un produit à marque distributeur. S’il est attentif, Roland Paillard reste prudent et, tout en veillant au cloisonnement des produits, selon les circuits de distribution, veut être particulièrement vigilant sur la prise en compte de son brevet.





Article réalisé en collaboration avec Entreprises Rhône-Alpes
http://www.brefonline.com

 



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