Ça roule pour le Camox
   
Il n’y a aucun doute, Gérard Pialleport a décidé de vivre plusieurs vies. La première l’a conduit à la tête d’une exploitation agricole dans le Cher, sa terre natale, durant une dizaine d’années. La seconde l’amène en Isère dans les années 70 où, après avoir “vendu des tracteurs forestiers à Voiron”, il “monte” une affaire d’importation de machines forestières.

Pialleport SA naît ainsi en 1985 et l’entreprise est florissante. Mais la lassitude se fait jour. Gérard Pialleport décide alors de se lancer un défi : lui qui, durant une bonne partie de sa vie, a vendu et réparé les tracteurs forestiers des autres, va se lancer dans la construction de sa propre machine : de quoi remplir une troisième vie !

Le Camox F175 - un débusqueur à câbles articulés sur pneus voit ainsi le jour en février 1999 au terme d’une année d’efforts partagés avec des industriels locaux. Pialleport SA sous-traite en effet à des entreprises iséroises l’intégralité de la fabrication des pièces (châssis, cabine panoramique, vitres...) pour ne conserver que le montage. Et ce chamois (camox en latin) porte bien son nom. Trapu et court, il permet de franchir allègrement les obstacles pour sortir le bois des forêts. “Moins lourd, moins large, moins long, plus haut, et aussi puissant que les machines concurrentes, le Camox est particulièrement bien adapté aux conditions de travail dans les forêts françaises et européennes, assure Gérard Pialleport. De plus, son prix est inférieur de 6 à 7% à celui de ses concurrents." Et les professionnels ne s’y trompent pas. Dans un marché largement dominé par les constructeurs américains avec leurs puissantes et imposantes machines, le Camox fait une entrée remarquée. “Nous avions prévu de rentabiliser notre investissement en trois ans : il nous en aura fallu à peine deux”, confie l’inventeur du Camox.
Un constat que traduit le chiffre d’affaires de Pialleport SA, passé de 19 millions de francs en 1999 à 50 millions l’an dernier ! De fait, la société a abandonné son activité d’importation de machines étrangères pour se concentrer sur la production du Camox F175, qui revendique aujourd’hui plus de 30% des parts du marché français. “Depuis son lancement, le Camox s’est vendu à 55 exemplaires. La plupart de nos clients - des débardeurs - sont en France, mais nous avons aussi envoyé une machine en Suisse”, note le Pdg de Pialleport SA qui entend bien désormais asseoir son développement sur l’export. Allemagne, Espagne et Suisse sont en ligne de mire.




Article réalisé en collaboration avec Entreprises Rhône-Alpes
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